Warning: file_get_contents(/proc/loadavg): failed to open stream: Permission denied in /home/www/babarland/www/dame2pique/config/ecran_securite.php on line 302
Lie to me - Dame2Pique

Lie to me

vendredi 19 juin 2015

Phill Helmutt, Davidi, Chan, qu’ont en commun ces joueurs de poker monstres en live ?

Des bracelets oui, et leurs bottes semi-secrètes, le profiling, la lecture de l’adversaire à jeu ouvert...

Des joueurs avertis...

Parfois controversés online ou en live sur la légitimité de leurs coups, loin d’être des machines, ils font de cette apparente faiblesse leur principal atout en live.

Bien que le travail ne remplacera pas l’intuition pour autant, l’importance des tells, un Caro ou un Navarro vous le diront mieux que moi, n’est plus à démontrer.

Comme un musicien qui ne nait pas avec l’oreille absolue (le fait de snap des notes comme si c’était des couleurs ou des mots à lire) ne l’aura jamais..., mais en travaillant il obtiendra une oreille dite relative (le diapason donne le la, et la véritable note jouée ensuite sera trouvée en distinguant l’intervalle qui l’oppose à la note initiale).

Donc, bonne nouvelle,

Nous pouvons tous progresser dans le domaine du body language

et mauvaise nouvelle...

Davidi aussi !

Comme dans n’importe quel apprentissage, peaufiner reste possible jusqu’à ce qu’on atteigne notre limite empathique (tout comme notre limite technique).

Notons-nous sur 100 (avec clémence parce qu’on s’aime bien et on est joueurs de poker donc on a un égo légèrement surdimensionné...)

Si je m’autonote 70/100 en technique et 90 en intuition (bien que je préfère le terme artistique qui comprend également à mon sens en plus du read de l’autre la capacité de s’en prévenir), je serai quand même en live devant un 95/60 (les débuts live d’un très bon joueur online par ex).

Les tells de Caro ce sont déjà 2 catégories essentielles que tout bon joueur de live devrait reconnaitre.

Distinguer les vrais tells des faux, donc les naturels des comédiens.


Cette distinction peut se faire assez rapidement à table et en dehors, en observant avec minutie un joueur ranger ses jetons, manger, attendre dans la file du Rio, compter ses jetons...

Quelle tête a t’il lorsqu’il regarde son i phone, à table hors du coup ou au resto ? oui, la même. C’est le vrai lui, en situation normale de non stress.

Quel air prend-il et que font ses mains lorsqu’il s’impatiente pendant le coup d’un autre ou dans la file du Rio ? La même.

C’est lui non caché, c’est nous, on ne peut pas hormis les psycho/sociopathes, livrer de faux tells toute la journée.

Du coup, tout devient plus limpide, si la personne observée pendant qu’elle joue un coup ne transmet pas les mêmes informations, à travers sa gestuelle, sa voix, observées et connues, il est probable qu’elle fasse partie de la catégorie des sournois.

Les joueurs ’nature’ se trahissent car ils vont trembler quand ils ont vraiment peur et sourire lorsqu’ils sont confiants. D’où la formule très simple de Mike Caro :

weak = weak, strong=strong

Les joueurs ’acteurs’ ont tendance à en faire un peu (ou beaucoup) trop, envoie des tells contradictoires, nous obligeant à trier le faux du vrai. D’où la 2ème formule de Caro :

weak = strong, strong=weak

Bien sûr il y a de très grands comédiens mais parfois, c’est tellement énorme qu’on a du mal à le croire et suivre notre instinct.

Et pourtant...

J’ai déjà fold AK en 6 max de sb avec 12 bb à la bulle parce que le joueur de bb se lève en hurlant que non c’est pas possible cette malchance qui le poursuit, se rassoit et me fait son numéro pendant 5 minutes interminables (avec les As)...

...raise 73 off au CO parce que bouton dort, sb va clairement coucher son jeu et bb attend de voir si bouton et sb vont call pour agir...

...et raise sans fold equity 64o au bouton avec 3 blindes parce que sb a 4 blindes et bb regarde le tableau des pay outs à la bulle mais pas sa main.

Évidemment, là c’est très très gros, mais pas si rare que ça...

Le comédien parle souvent un peu plus, et a une plus grande gestuel...

c’est pour mieux te bluffer mon enfant.

C’est aussi lui qui va te regarder droit dans les yeux quand il te bluff, du genre ’viens te battre j’ai du lourd’, lui qui va siffler l’air de rien en regardant le plafond avec quinte max, lui encore qui va se rapprocher du board en faisant mine de s’intéresser alors qu’il est déjà prêt à jeter sa main, lui qui avec 7 high au flop fait mine de bronzer les mains sur la tête tellement penché en arrière sur sa chaise qu’il pourrait tomber comme un bouse à la renverse.

Pendant que son opposé lui, essaie d’arrêter le tremblement de ses mains quand il a les as mais il a du mal, d’un seul coup il met ses lunettes, il met un col ou un foulard pour cacher sa pomme d’adam, il s’intéresse au coup alors qu’il dormait littéralement, il dandine des jambettes, voire il trépigne, ou il demande carrément aux joueurs de se dépêcher préflop parce qu’il veut vite jouer sa belle main. Il soupire, sa respiration s’accélère.

Jusque là, pas grand chose hors de notre portée, mais le plus dur reste à faire...

Nous partons du principe que nous savons avec certitude dans quelle catégorie classer le joueur ausculté en face de nous.

Qu’il rigole ou qu’il sue qu’importe, nous avons décelé un problème. Il a l’air mal à l’aise. Oui mais à quel point ?

Mal à l’aise, il va fold ou mal à l’aise il va hero call perdant mais call quand même ?!?

C’est cette réponse qu’il faut avoir, et alors les portes s’ouvrent...